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Violences faites aux femmes :
Lancement d'une plateforme de signalement en ligne

Alexandra PICARD
Kiné actualité n° 1533 - 06/12/2018

En 2017, en France, 219 000 femmes ont déclaré avoir été victimes de violences conjugales (physiques et/ou sexuelles) mais moins d’une sur 5 a déposé plainte.

Le ministère de l’Intérieur a ouvert le 27 novembre un portail permettant de signaler un viol, des violences conjugales, une situation de harcèlement ou une agression. Il est accessible via www.service-public.fr ou www.signalement-violences-sexuelles-sexistes.gouv.fr

“Cette plateforme permet d’échanger de manière anonyme avec un policier ou un gendarme spécialement formé pour aider les victimes dans leurs démarches”, a souligné Édouard Philippe à l’AFP. L’objectif est de les “accompagner vers le dépôt de plainte” ou, si elles ne le souhaitent pas, vers des associations ou des professionnels formés à la lutte contre les violences sexuelles et sexistes.

En tant que kinésithérapeute, vous êtes bien placés pour repérer d’éventuelles victimes. Le code de déontologie de la profession énonce (article 90) qu’un “masseur-kinésithérapeute qui discerne qu’une personne (...) est victime de sévices ou de privations doit mettre en œuvre les moyens les plus adéquats pour la protéger en faisant preuve de prudence et de circonspection”. Sur son site, dans un commentaire de cet article, l’Ordre précise que “le secret professionnel ne fait pas obstacle au signalement des sévices et maltraitances constatés chez un mineur ou une personne vulnérable”.

Pour le DR Violaine Guérin, endocrinologue et gynécologue qui a créé l’association Stop aux violences sexuelles [1], le rôle des kinésithérapeutes est évident dans le repérage car “ils ont accès aux corps. Ils peuvent voir les bleus, les sévices et peuvent donc tirer la sonnette d’alarme. Des signes doivent alerter pour l’orientation et l’accompagnement de ces patientes. Il faut par exemple se poser des questions si l’on constate des psoriasis vulvaires ou génitaux, du vitiligo autour du mamelon, ou quand des pathologies dermatologiques auto-immunes se manifestent dans des zones spécifiques du corps. Celui-ci parle souvent par où il a souffert”.

[1] Lire Ka n°1522 p.19.

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